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Guillaume Anger, nouveau programmateur de Jazz à Vienne : « Le jazz n’est pas élitiste : il doit rester une musique populaire »

Après 13 ans au sein de Jazz à Vienne comme programmateur, Benjamin Tanguy, actuel directeur artistique du festival, tire sa révérence.

Il est remplacé par Guillaume Anger, 46 ans qui a été choisi par l’équipe de Jazz à Vienne comme nouveau directeur artistique.

Actuellement directeur musical du Château Rouge, « le » lieu culturel d’Annemasse en Haute-Savoie, très présent sur la scène jazz en France et en Suisse, il prendra ses nouvelles fonctions fin juin, au tout début du Festival Jazz à Vienne.

Interview de celui qui va prendre les rênes de la programmation du festival viennois.

Vous venez d’être officiellement nommé directeur artistique de Jazz à Vienne. Votre nom est sorti d’une pile de trente candidats. Comment le vivez—vous ?

Guillaume Anger-Il faut d’abord dire et ça, c’est unique, que j’ai été choisi par une équipe, c’est rare.

Je suis évidemment très très content. C’est un vrai enjeu et un formidable challenge.

Après le parcours que j’ai suivi des dernières années, à Château Rouge, je ne pouvais pas me plonger dans un projet fade.

Et là, ce n’est pas le cas ! Jazz à Vienne c’est une grosse histoire, il y a tout un monde derrière ce Festival, un maillage avec l’équipe, les habitants, les commerçants, les écoles, les partenaires : c’est tout cet ensemble qui fait ce Festival.

Quelle est votre vision du Jazz ?

Il ne faut pas oublier qu’à la base, le Jazz n’est pas une musique élitiste. Il doit être et rester une musique populaire. C’est dans cet esprit que j’arrive à Jazz à Vienne.

On avait reproché à Jazz à Vienne lors du dernier Festival de pencher trop vers les musiques actuelles…?

Jazz à Vienne doit rester singulier : regardez, cette année, il y a dix artistes ou formations à Jazz à Vienne qui ne feront qu’une ou deux dates cet été en France.

Il faut que Jazz à Vienne continue de se différencier des autres festivals en France.

Toute l’essence du Jazz c’est sa liberté et sa singularité : il faut la conserver. Il faut éviter de tomber, comme beaucoup de festivals, dans la grande famille de la pop.

Je pense que le jazz doit être présent dans tout sa diversité, comme une esthétique ouverte, c’est par là que se crée une vraie dynamique.

On peut, on doit l’ouvrir, mais sur de vrais projets musicaux.

N’oublions pas que le Jazz est le socle de toutes les musiques actuelles.

En tant que programmateur pour votre structure haut-savoyarde, vous avez suivi de près Jazz à Vienne, assisté à de nombreux concerts sur les gradins du théâtre antique,..?

Effectivement, ce qui m’a toujours frappé c’est que le théâtre antique est un lieu humain, assez unique, avec une atmosphère particulière.

Vous qui habitez Annemasse, allez-vous vous installer à Vienne ?

Oui, absolument, je compte bien m’immerger dans la ville

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Bio : le parcours de Guillaume Anger

Diplômé d’une licence en conception de projets culturels, Guillaume Anger, le nouveau directeur artistique de Jazz à Vienne a démarré dans le métier comme booker (personne qui accompagne et suit un artiste pendant toute sa carrière) dans une agence parisienne.

Il a ensuite été directeur adjoint et directeur de théâtre en banlieue parisienne.

En 2010, il rejoint la région Auvergne-Rhône-Alpes pour intégrer la scène conventionné « Château rouge » à Annemasse.

Il devient programmateur musique de ce lieu emblématique du bassin genevois, pour ensuite être nommé directeur du Pôle Musique dirigeant ainsi l’artistique, l’accompagnement, les actions culturelles et toutes les activités en lien avec la musique.

Très actif sur le front du jazz, il intègre dès ses débuts le comité du festival franco-suisse JazzContreBand, dont Château rouge est fondateur depuis 1996. Avec l’équipe de ce réseau, il participe à la création de moyens en co-production pour soutenir les créations ainsi que le tremplin JazzContreBand.

Ce festival soutient la circulation des artistes entre la France et la Suisse sur pas moins de 26 scènes et produit également des concerts à Genève, dont Tigran Hamasyan, Rhoda Scott, Erik Truffaz, Lisa Simo, etc.

De même, pendant ses treize années au sein de Château rouge à Annemasse, Guillaume Anger développe là encore une programmation autour du jazz ; et ce, à travers une esthétique musicale très variée, en accueillant de grands noms du jazz comme Shai Maestro, Avishai Cohen, Youn Sun Nah, Emile Parisien, Anne Pacéo, André Manoukian ou encore récemment Snarky Puppy… Une fonction qu’il quittera fin juin pour prendre la direction de Vienne.

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